Le Sang des Elfes

Le fragile équilibre des terres d’Asha est menacé. Incarnerez-vous l'un des fiers Elfes Sylvains, un impitoyable Drow ou encore un énigmatique Elfe de la Lune ?
 
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 A la santé du Roi ou comment Nat essaye de trouver un style d'écriture pour Balou (ce titre est vraiment long)

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Helende Idilys’naïa
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MessageSujet: A la santé du Roi ou comment Nat essaye de trouver un style d'écriture pour Balou (ce titre est vraiment long)   Mar 16 Fév - 20:03

« Encore… »
« Ma belle, c’est la troisième fois déjà. »
« Une dernière fois… »

Decebal soupira en se grattant le menton, essayant de ne pas croiser le regard implorant de la femme. Ses yeux se posèrent sur le mobilier de la chambre, il avait rencontré une calèche en début de matinée, et la comtesse lui avait proposée de passer du temps ensemble vu qu’elle s’ennuyait dans cette grande bâtisse car son mari était en voyage d’affaire. Il baissa les yeux vers la table ou ils avaient tous deux dînés, enfin, lui avait fait semblant de manger, passant plus le temps à déguster le vin et observer le corps délicieux de son amante de quelques heures.

« Je suis épuisé, je n’ai plus envie de… »
« Et pour vingt pièces d’or ? »

La femme montra la bourse sur la table de chevet un peu plus loin, l’homme prit très mal la remarque. Ses cheveux blancs attachés maladroitement en queue de cheval bougèrent au même rythme que son menton qui se leva d’un air outré.

« Je ne vend pas mes compétences ! »
« Ne vous vexez pas ! » Dit la comtesse en éclatant de rire.

La dame releva un peu son corset sur sa poitrine avant de se recoucher dans une position confortable, ses pieds nus se glissant entre les draps de velours alors que ses mains s’amusaient avec sa bague de mariage.

« Mais ces vingt pièces d’or pourront vous aider pour votre voyage ! Voyez le bon côté des choses, vous prenez du bon temps et vous gagnez de l’argent. »

Decebal pesa le pour et le contre, sentant la main délicate de la femme caresser son poignet. Il soupira longuement pour exprimer sa fatigue puis il attrapa la main de la femme et l’embrassa sur les doigts sous les rires de celle-ci, fière d’avoir réussit à le faire accepter.

« Une dernière fois alors, et ensuite nous dormons. »
« Promis ! »

L’homme pencha son corps vers le bord du lit, sa chemise ouverte offrant la vue de son torse musclé, il reprit son instrument avant de fixer la jeune femme, admirant se visage parfaitement dessiné et les cheveux châtains qui descendaient en boucles vers les formes féminines. Ses doigts pincèrent les cordes, laissant la musique créer une atmosphère mélancolique dans la pièce.

« A la fin de l’été,
Je laisserai ma gaieté.
L’hiver arrive, tout est prêt,
La froidure s’installe ;
J’ai trop longtemps été fou.
Je veux me repentir… »
« Non ! »

Personne ne sut jamais la suite de la chanson…

« Non quoi ? »
« Je veux une chanson joyeuse ! »
« Ne commencez pas à me couper, vous brisez l’instant ! »
« Mais je ne veux pas une musique comme celle-ci ! »

Les doigts de l’homme glissèrent sur les cordes et firent une fausse note, il plongea ses yeux vers la femme d’âge mûr avant de soupirer.

« Vous vouliez que je chante, c’est ce que je fais… »
« Mais pas des chansons tristes ! Je veux rire ! »
« Vous voulez beaucoup de choses je trouve… »
« Une pastourelle ! »
« Écoutez-moi quand je parle… »
« Comme celle de la femme à la jambe de bois et la fille des chants! »
« Vous aimez beaucoup trop les chansons de tavernes… »
« Que me proposez-vous alors ? »

L’homme fit mine de réfléchir avant de sourire et de faire un clin d’œil. Espérant que ce geste suffirait pour que la femme accepte.

« La suite de ma chanson ! »
« Que vous êtes têtu ! »

La femme prit un coussin et le jeta sur Decebal qui se prit l’objet moelleux en plein visage. Sentant sa colère prendre le dessus, il se força à sourire en fixant la comtesse capricieuse.

« Vous devriez faire attention, je suis un homme dangereux. »
« Vous ? »

La dame se mit à rire à gorge déployé sous le regard blasé de l’homme. Celui-ci en avait plus qu’assez, sa patience étant mis trop à rude épreuve. Il posa délicatement sa mandole sur le sol avant de se jeter sur la femme qui poussa un cri de surprise avant de poser ses délicieuses mains sur les épaules de l’homme….

La suite dans le Rp Mufufu !
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Helende Idilys’naïa
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MessageSujet: Re: A la santé du Roi ou comment Nat essaye de trouver un style d'écriture pour Balou (ce titre est vraiment long)   Ven 18 Mar - 13:49

Et voilà la version 2.0 de A la santé du Roi, j'ai voulu m'amuser pour recommencer à jouer ce personnage donc maintenant... si vous voulez la suite, demandez la à Princesse Ranou !

A la santé du Roi !

« Encore… »
« Ma belle, c’est la troisième fois déjà. »
« Une dernière fois… »

Je soupirais en me grattant le menton, essayant de ne pas croiser le regard implorant de la femme qui je l’avoue était des plus magnifiques, deux pierres de jade me fixant avec caprices et amusement.

Quand à mon regard, je le posais sur ce qui composait la chambre, des meubles en ébène, une commode et une grande coiffeuse où des bijoux étaient parsemés dessus comme s’ils n’avaient guère de valeur. Il y avait aussi une table et des chaises qui nous avaient servi peu de temps avant à manger un délicieux faisan.

Tôt dans l’après-midi, alors que je marchais d’un pas léger en direction de la fameuse capitale, une calèche s’était stoppée à côté de moi, et la comtesse m’avait gentiment proposée de passer du temps avec qu’elle car elle s’ennuyait dans sa grande bâtisse silencieuse. Son mari l’ayant abandonné pour aller faire un voyage d’affaire vers l’Italie. Après avoir pris mon temps pour observer l’endroit, je revins sur le corps aux formes délicieuses de la dame, ma paresse prenant le pas sur toutes formes de plaisir.

« Je suis épuisé, je n’ai plus envie de… »
« Et pour vingt pièces d’or ? » me proposa telle.

La femme montra la bourse sur la table de chevet un peu plus loin, mais évidemment, je pris très mal la remarque. Alors que je relevais le menton d’un air des plus outré, mes cheveux blancs attachés maladroitement en queue de cheval se balancèrent dans mon cou.

« Je ne vend pas mes compétences ! »
« Ne vous vexez pas ! » Dit la comtesse en éclatant de rire, laissant entre voir sa dentition parfaite.

La dame releva un peu son corset sur sa poitrine avant de se recoucher dans une position confortable, ses pieds nus se glissant entre les draps de velours alors que ses mains s’amusaient avec sa bague de mariage. Je la regardais faire, mon esprit étant face à un dilemme.

« Mais ces vingt pièces d’or pourront vous aider pour votre voyage ! Voyez le bon côté des choses, vous prenez du bon temps et vous gagnez de l’argent. »

Alors que je pesais le pour et le contre, sentant la main délicate de la femme caresser mon poignet, mon choix fut décidé. Je soupirai longuement, montrant que je le faisais malgré moi et malgré ma fatigue du voyage puis j’attrapai la main de la femme et l’embrassai sur chacun de ses doigts sous les rires de celle-ci, qui semblait des plus fière d’avoir réussit à me faire accepter.

« Une dernière fois alors, et ensuite nous dormons. » Proposais-je.
« Promis ! »

Alors que je penchais mon corps, laissant la vue de mon torse musclé à qui voulait le voir, je pris mon instrument avant de fixer la jeune femme, admirant se visage parfaitement dessiné et les cheveux châtains qui descendaient en boucles vers les formes féminines qui ferait perdre la tête à tous les hommes. Mes doigts pincèrent les cordes, laissant la musique créer une atmosphère mélancolique dans la pièce alors que les paroles me vinrent.

« A la fin de l’été,
Je laisserai ma gaieté.
L’hiver arrive, tout est prêt,
La froidure s’installe ;
J’ai trop longtemps été fou.
Je veux me repentir… »
« Non ! »


« Personne ne sut jamais la suite de la chanson ? »
« Personne ! Et tu ne sauras pas la suite de l’histoire si tu me déranges Victoria…»
« Pardon ! » Dit la jeune servante, ses joues brûlant de gêne.

« Non quoi ? » Demandais-je, sentant l’exaspération pointer le bout de son nez.
« Je veux une chanson joyeuse ! »
« Ne commencez pas à me couper, vous brisez l’instant ! »
« Mais je ne veux pas une musique comme celle-ci ! »

Mes doigts glissèrent sur les cordes et firent une fausse note, je plongeai mes yeux vers la femme d’âge mûr avant de soupirer.

« Vous vouliez que je chante, c’est ce que je fais… »
« Mais pas des chansons tristes ! Je veux rire ! »
« Vous voulez beaucoup de choses je trouve… »
« Une pastourelle ! »
« Écoutez-moi quand je parle… » Soufflais-je.
« Comme celle de la femme à la jambe de bois et la fille des chants! »

« La chanson de la femme à la jambe de bois ? » Demanda la servante, écarquillant les yeux de curiosité.
« Victoria… »
« Oui, je sais…» se mit-elle à rire.

« Vous aimez beaucoup trop les chansons de tavernes… »
« Que me proposez-vous alors ? »

Je fis mine de réfléchir avant de sourire et de faire un clin d’œil. Espérant que ce geste suffirait pour que la femme accepte.

« La suite de ma chanson ! » Dis-je d’un air fier.
« Que vous êtes têtu ! »


« Elle a raison sur ce point. » Déclara la servante.
« Je ne suis pas têtu… »
« Si et de mauvaise foi en plus. »
« Tu me blesses… »
La servante du doux prénom de Victoria caressa la tête de l’homme d’un air maternelle.
« Mais… »
« Oui ? »
« Comment se fait-il que tu sois là, avec moi, couché dans la paille plutôt que dans sa chambre ? »
« J’y viens ! »

La comtesse prit alors un coussin et me le jeta dessus, les femmes de cette noblesse pensent que tous leurs est permis ! Evidemment, je me pris l’objet des plus moelleux en plein visage, et j’aimerais que tous mes ennemis me lancent des coussins comme celui-ci. Le problème étant que ma patience m’ayant depuis longtemps quittée, je commençais à me sentir en colère mais je gardais un sourire sur le visage, car une bourse de vingt pièces d’or m’attendait.

« Tu les as finalement accepté. »
« Evidemment ! »

« Vous devriez faire attention, je suis un homme dangereux. » Dis-je avec un air sombre.
« Vous ? »

La dame se mit à rire à gorge déployé sous mon regard des plus énervés.

« En même temps, je la comprends.. »
« En quoi ? »
« Et ben, tu n’as pas l’air très dangereux… »
« Les apparences sont trompeuses ! »
« Peut-être mais pas pour toi ! » La jeune femme se mit à sourire en voyant son compagnon de l’instant froncer les sourcils.
« Tu ne me connais même pas ! »
« Oh, je te connais juste assez pour me dire que tu ne ferais pas de mal à une biche ! »

Decebal sourit, dévoilant toutes ses dents avant de parler d’une voix presque imperceptible.

« Peut-être parce que ce n’est pas la biche que je chasse… »
« Tu as dis ? »
« Ecoutes la suite de mon histoire, jeune fille ! »

Je posais donc délicatement ma mandole sur le sol avant de me jeter sur la femme qui poussa un cri de surprise avant de poser ses délicieuses mains sur mes épaules, illuminant son visage d’un sourire des plus gracieux.

« Si vous êtes aussi dangereux que vous le clamez, qu’allez vous donc me faire ? » Demanda-t-elle.

J’allais lui répondre quand tout à coup, la porte de la chambre s’ouvrit dans un grand fracas !


« Le comte ! »
« Tu es irrécupérable ! »
« Oh, pardon... Mais je croyais qu’il était en Italie ! »
« Il l’était, il y a plusieurs jours. La comtesse avait oublié de me dire qu’il était sur le chemin du retour. »
« Que s’est-il passé ? »
« Et bien… Je me suis enfui. »

La jeune servante se mit alors à rire sous le regard amusé de Decebal, la situation avait été des plus cocasses pour le plus grand plaisir de sa seule spectatrice. Une fois qu’elle reprit son souffle, Victoria se passa la main dans ses cheveux, remettant des mèches bondes derrière son oreille tout en fixant l’homme.

« Cela explique pourquoi je t’ai trouvé dans la forêt, complètement débraillé avec ton instrument dans les mains. »
« Oui, mais j’ai pu récupérer un souvenir ! »

Decebal attrapa sa mandole et plongea sa main dans le petit trou de l’instrument, sortant avec délicatesse une petite bourse qui fit un cliquetis des plus plaisants à entendre. La jeune femme se mit de nouveau à rire, en attrapant la bourse en regardant les pièces d’or de ses petits doigts rendu rugueux et abimés par le travail qu’elle faisait.

« Bon sang, tu es un sacré fripon ! »
« Elle me l’avait promis. » Dit Decebal en haussant les épaules.

La jeune femme continua à s’amuser avec les pièces, confortablement installés dans la paille de l’étable. Les deux personnages de cette étrange aventure qui commençait passèrent le reste de la nuit à parler et s’amuser, sous les pincements des cordes d’une mandole. Au chant des alouettes, la jeune servante quitta le vampire, allant vers les cuisines pour remplir ses tâches quotidiennes. Les deux seules choses qui prouvaient son temps passé en compagnie du vampire étaient un sourire des plus rayonnants qui été contagieux mais aussi une discrète trace de morsure sur la clavicule, caché par le tissus de sa robe.

Decebal, rassasié, se prélassait quand à lui dans la paille, ne se sentant pas le moins du monde obligé de partir de l’endroit auquel il n’était, bien sûr, pas le bienvenue. Il ne fit d’ailleurs, même pas attention au bruit de calèche ni même aux voix qu’il entendait vaguement. Préférant juste rester couché dans la chaleur de la paille ou il était caressé pas les rayons du soleil qui parvenait jusqu’à lui grâce à une fenêtre. Malheureusement pour lui, toute bonne chose à une fin et ce fut une voix des plus désagréables et un coup de pied dans les jambes qui le réveillèrent.

« Hey ! T’es qui, ‘spèce de corniaud ?! »

Le vampire esquissa un mouvement de paupière, regardant la personne lui adressant le plus poétique des débuts de dialogues.

« Salutation ! »
« Debout ou j’te jure que j’vais te faire comprendre ce qu’est un coup d’pied au cul ! »

L’homme était surement un palefrenier ou un paysan offrant ses services au maitre de la demeure, son visage n’étant pas le plus agréable à regarder pour Decebal et n’ayant aucunement envie de recevoir un coup de botte, il décida de se lever. L’avantage d’être plus grand pour Decebal, c’est qu’il devenait beaucoup plus impressionnant. Il prit donc sa fameuse mandole qui valait maintenant son pesant d’or et se dirigea vers la sortie sous le courroux du paysan qui le menaçait de beaucoup trop de punition. Il traversa le jardin, fixant la demeure qui reflétait bien la position de son possesseur quand il croisa la jeune servante Victoria en train de porter des seaux d’eau avec difficulté. Il plaça correctement son instrument dans son dos et héla la jeune femme qui s’arrêta, rougissant de plus belle.

« Mais que fais-tu là ? »
« Je viens aider une demoiselle en détresse ! »

Decebal souleva les seaux et demanda ou il devait les emmener, Victoria prit alors les devant, le dirigeant dans les cuisines. Une fois devant celle-ci, elle arrêta le vampire et posa ses mains sur les hanches.

« Merci de m’avoir aidé mais il faut que tu t’en ailles ! »
« Vraiment ? Je ne peux pas rester encore une nuit ? »
« Non, si mon maître te trouve, c’est sur moi qu’il tapera ! En plus, il a un invité important aujourd’hui ! »
« Et si je lui propose mes services en tant que musicien ? »

La jeune femme tendit sa main et pinça la joue du vampire qui se laissa faire en regardant avec un air implorant les yeux de la servante. Celle-ci décida de l’accompagner jusqu’à la sortie du domaine malgré les supplications du vampire, alors que lui marchait la mort dans l’âme, la jeune femme se rendit compte que trop tard que son maître et son fameux invité sortaient de la demeure. Et ils se croisèrent sur le chemin devant la grande porte d’entrée.

« Maître et Monsieur le comte de Neroven ! Bonjour ! » Dit la jeune femme d’un air des plus paniqués.

Decebal fit un pas en avant et fit une courte révérence. Observant les deux hommes, si le fameux maître ressemblait à tous les points a un stéréotypes de nobles ayant des problèmes, le deuxième homme était des plus étranges.

«  Je me présente, barde Decebal, je veux vous proposer mes services ! »
« Non ! » Dit le fameux maître avec une voix sèche.

Decebal releva la tête et fit une mine des plus désemparés.

« Allons, Messire, laissez moi vous montrer mes talents. »
« Servante, faites partir ce voleur ! »
« Bien Monsieur. »

Victoria tira la manche du vampire qui soupira en se laissant faire, se dirigeant vers la sortie. Une fois sur le chemin de terre, la jeune servante sortit une pomme de son tablier et la tendit vers l’homme, lui souriant gentiment.

« En cas de petit creux ! »
« Merci ! » Decebal attrapa le fruit et tendit à son tour deux pièces d’or dans la main de la jeune femme.
« Pour tout ce que tu as fait pour moi ! »
« Merci Decebal, au revoir. »

Decebal commença à marcher sur le sentier, se demandant comment il allait faire pour passer la prochaine nuit.
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Rána Daevon E'Lira
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MessageSujet: Re: A la santé du Roi ou comment Nat essaye de trouver un style d'écriture pour Balou (ce titre est vraiment long)   Jeu 24 Mar - 21:11

Les apparences sont souvent trompeuses. On le lui avait répété maintes et maintes fois et il n’avait jamais ressenti le besoin de remettre en cause cette affirmation. Cela dit, alors que son regard gris orageux se portait au-delà de la fenêtre de la calèche pour observer le manoir devant lui, Calliste devait bien admettre que la bâtisse reflétait parfaitement la personnalité de son propriétaire. Et surtout sa richesse. Rien que la façade en pierres de la meilleure qualité suffisait à donner le ton. De style gothique, la demeure émergeait d’une fine couche de brume matinale, ses étendards flottant fièrement dans le vent frais du printemps. Tous arboraient les armoiries de la famille, à savoir un chêne d’argent sur un fond vert forêt.

Le Comte de Neroven se rappela de son propre château, légué par son défunt père, un vieux tas de ruines tenant encore debout par on ne sait quel miracle. Son blason à lui s’était délavé sur de vieilles oriflammes malmenées par les bourrasques qui s’engouffraient parfois entre les arbres. Seuls des spectres pourraient vivre dans ce fort des courants d’air, tandis que le manoir de Victor, Duc d’Armor, respirait la vie, ne serait-ce que par son entretien régulier. Fenêtres en ogives aux vitraux chatoyants, jardin de roses aux variétés multiples, porte immense en bois poli et sculpté, sans oublier la frise qui ornait l’entrée, présentant des personnages dont les yeux se braquaient directement sur le visiteur. Et ce n’était là qu’une résidence secondaire !

Un soupir à fendre l’âme s’échappa des lèvres de Calliste, tandis qu’il jouait distraitement avec une mèche de sa chevelure flavescente. Cela faisait quelques années qu’il avait été présenté au Duc, lors d’un bal masqué organisé en l’honneur du Roi. Ils avaient échangé quelques mots, joué aux cartes et parlé du père de Calliste, bien connu de Victor. Il était l’un des premiers à avoir commercé avec l’aristocrate lorsque ce dernier s’était installé dans la région.  

Or, cette, fois-ci, ce n’était point le commerce ou une banale visite de courtoisie qui conduisit Calliste chez le Duc Victor. La démarche revêtait un aspect bien plus sérieux, mais, bien entendu, c’est d’un pas léger que le Comte de Neroven descendit de la calèche, l’expression on ne peut plus désabusée.

Une fois à terre, il rajusta sa tunique en velours pourpre, bordée de fils d’or vieillis, dont les manches lui tombaient au niveau des doigts, dissimulant ainsi ses mains. Il portait en dessous un pantalon de cavalier rayé, glissé dans de hautes bottes. Sa chevelure était légèrement ébouriffée par le vent, donnant à son allure un air bien moins noble que sa tenue. Et c’était sans ajouter à cela son aspect quelque peu maladif en raison de sa maigreur et du voyage en calèche qu’il détestait par-dessus tout.

Comme de coutume, on pouvait dire qu’il ne passait pas inaperçu.

D’ailleurs, dès qu’il le vit descendre, Victor Duc d’Armor s’avança vers son invité, les bras ouverts.

«  Comte, quel plaisir de vous recevoir en ma demeure ! »

Il ajouta en suivant :

«  Vous êtes bien matinal ! »

Une remarque qui froissa légèrement le Comte de Neroven, qui était arrivé très tôt justement pour surprendre le Duc, espérant ainsi voir sa demeure s’affoler pour les préparatifs. Malheureusement pour le farceur, Victor était on ne peut plus prêt et les domestiques de même. Une vraie petite armée efficace et disciplinée. Quelle plaie !
Le Duc se permit même un sourire satisfait.

«  Rien de mieux qu’une promenade en calèche au lever du soleil », répondit Calliste, avant d’emboîter le pas de son hôte.

Des paroles qui ne reflétaient guère ses véritables pensées. Ce qu’il pouvait détester les promenades en calèche au lever du soleil ! Ce qu’il pouvait détester les promenades en calèche tout court !

«  Je suis honoré que vous ayez choisi de séjourner –bien que brièvement- chez moi, avant de reprendre votre long périple. »

«  Tout le plaisir est pour moi », répondit Calliste d’un ton égal.

On lui fit signe d’entrer, tandis que les domestiques vaquaient à leurs occupations tout en se faisant les plus discrets possibles.

Ils passèrent dans un salon aux couleurs sombres mais élégantes, dans lequel crépitait un feu de cheminée.

C’est alors que Calliste, qui allait s’asseoir sur un divan après invitation du Duc, qu’il bondit comme un ressort, faisant sursauter par la même occasion son hôte. Le Comte avait oublié le présent qu’il avait rapporté à Victor, à savoir une tapisserie représentant une scène épique de bataille. Tous deux sortirent de la pièce pour se retrouver dans le hall d’entrée.

« Maître et Monsieur le comte de Neroven ! Bonjour ! »

Le Comte se tourna vers la jeune fille qui venait de parler, une domestique du manoir à n’en pas douter. Puis, il haussa un sourcil devant les cheveux blancs de l’homme qui l’accompagnait et qui n’était pourtant pas bien vieux, à en juger par son apparence. Celui-ci exécuta une courte révérence.

«  Je me présente, barde Decebal, je veux vous proposer mes services ! »

« Non ! »

La réponse du Duc avait fusé, implacable. Ce n’était pas le genre de non négociable, suivi d’un « peut-être que… ». Là, aucun espoir n’était permis et vu la mine qu’arborait le barde, il l’avait bien compris.

Calliste esquissa un demi-sourire devant cette scène des plus cocasses.

« Allons, Messire, laissez moi vous montrer mes talents. »

« Servante, faites partir ce voleur ! »

« Bien Monsieur. »

Calliste regarda les deux jeunes gens disparaître, l’une gênée de la situation, l’autre désemparé.

«  Ces étrangers alors ! Ils se croient tout permis ! »

Un sourire malicieux étira les lèvres de Calliste, avant de disparaître dans la seconde qui suivit pour laisser place au plus grand sérieux.

«  Un barde ! » S’exclama soudainement le Comte, jouant à celui qui n’a rien suivi de la scène. « Quelle excellente idée ! Quoi de mieux qu’un barde pour vous distraire le temps d’un repas ! Et puis vous avez des goûts de luxe, mon ami ! »

Le blond vit le Duc hausser un sourcil et il sut qu’il avait d’ors et déjà capté son attention. Avisant l’expression interloquée de ce dernier, il reprit de plus belle :

« Comment ? Vous ne savez pas qui vous venez de mettre à la porte ? »

Aussitôt le Duc chercha du regard un domestique qui passerait par là. Lorsque revint la servante -que Calliste n’avait pas manqué de détailler du coin de l’œil- il se précipita vers elle.

«  Victoria ! Allez me chercher le barde ! Vite, mon petit, dépêchez-vous ! »

Calliste entendit les petits pas précipités de la servante et il retint un fou rire. Il espérait néanmoins que le soi-disant barde connaissait son répertoire, auquel cas il devrait des explications à Victor.

Soudain, un détail attira son attention.

«  Victoria », murmura t-il, pensif.

« Vous dites ? »

Il n’avait pas fait attention qu’il venait de s’exprimer à voix haute.

«  Oh rien, rien du tout… »

Victoria. Ce n’était définitivement pas un prénom pour une servante. De plus, le Duc se nommait lui-même Victor. Calliste plissa les yeux. La demoiselle était sans doute une bâtarde, élevée au sein de la maisonnée. Peut-être savait-elle tout cela et qu’elle s’en accommodait, bien contente de ne pas être chassée. Après tout, certains aristocrates n’hésitaient pas à mettre à la porte la descendance illégitime pour ne pas entacher leur blason. Calliste imaginait que le lien de parenté ne devait être un secret pour personne au manoir.

Il avait vu néanmoins le regard que la jeune fille lançait au barde. Il n’était pas rare que ces derniers aient des aventures avec les domestiques ou même les dames de haute naissance. Quoiqu’il en soit, une histoire de cœur ou de couette –voire les deux- liait ces deux là.

D'ailleurs, ceux-ci revinrent. Victoria avait les joues rougies par sa course et elle s'effaça discrètement pour laisser avancer l'homme aux cheveux blancs.

Calliste exécuta alors un geste grandiloquent en direction du barde, comme pour présenter au Duc un éminent personnage :

«  Messire Dagobald ! Il parait qu’il rencontre un succès phénoménal à la Cour du Roi ! Une étoile montante de la mandole, c’est moi qui vous le dis ! »

Le repas promettait d’être assez divertissant pour le Comte de Neroven, dont le sourire élargi le faisait ressembler à un chat repu.

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MessageSujet: Re: A la santé du Roi ou comment Nat essaye de trouver un style d'écriture pour Balou (ce titre est vraiment long)   Mar 26 Juil - 22:01

La mandole en main, Decebal pinçait les cordes tout en avançant le long du sentier de terre, cherchant une mélodie pour aller avec ses paroles qu’il inventait au fur et à mesure. L’inspiration n’était pas un problème pour le vampire, il utilisait souvent ses propres aventures en plus de son registre de base.

Cependant, pour cette chanson il voulait parler d’un Duc des plus impolis, qui chassait quiconque se présentait devant lui. En ce remémorant la scène, les sourcils de l’homme se froncèrent tandis qu’il jeta la pomme encore intacte dans un ruisseau, se vengeant sur le fruit à la place du Duc et cela était peut-être plus préférable comme ça.

« Decebal ! »

L’homme leva la tête, se demandant s’il entendait déjà des voix à son âge.

« Decebal ! Arrêtes toi ! »

Le vampire se retourna, s’arrêtant de marcher tout en fixant la jeune servante arrivant devant lui, les pans de sa robe se secouant à chacun de ses pas de courses. Un sourire amusé sur le visage, il avait déjà oublié toute sa colère et il salua la jeune femme tandis que celle-ci essayait de récupérer un souffle normal, ses joues rougies et ses yeux brillants lui donnait un air plus enfantin qu’elle n’avait déjà. Elle posa ses mains sur ses hanches, parlant d’une voix essoufflée :

« Viens vite ! »

« Pourquoi ? »

« On n’a pas le temps ! Vite ! »

La jeune femme se mit alors à soupirer, attrapant le poignet de l’homme et le forçant à courir. La situation, fut des plus incompréhensibles pour le vampire qui avait été chassé du domaine et maintenant le voilà qui devait se dépêcher d’y retourner. Alors que la servante le forçait à courir, parlant d’une voix des plus essoufflées, lui avait le nez en l’air en grommelant comme un enfant qu’il n’aimait pas courir.

Une fois devant la grande porte d’entrée, la jeune femme s’arrêta et se recoiffa pour paraitre des plus acceptables devant l’invité soi-disant de marque sous le regard ennuyé du vampire puis ils entrèrent tous les deux. A peine Decebal se retrouva devant les deux hommes que son unique alliée disparue avec un dernier regard encourageant.

Il pencha la tête vers le maitre de maison et son invité, ne sachant pas vraiment quoi dire ni quoi faire. Car Decebal n’avait actuellement aucune envie de chanter ni même de paraître poli et courtois pour ces deux hommes de riches familles. Ce fut finalement au Comte de Neroven de faire le premier pas, ce qui donna l’occasion au vampire d’observer cette personne des plus singulières.

Il se rendit compte à ce moment-là qu’il y avait plus bizarre dans le monde que lui. Non seulement le corps de ce fameux comte semblait être fait en brindille mais en plus celui-ci avait le goût le moins raffiné dans le monde en matière de vêtements. Cette accumulation de couleur fit presque mal aux yeux du vampire.

« Messire Dagobald ! Il parait qu’il rencontre un succès phénoménal à la Cour du Roi ! Une étoile montante de la mandole, c’est moi qui vous le dis ! »

« Decebal ! C’est Decebal ! » Articula l’homme aux cheveux blancs, sentant son sourire s’étirer dans un rictus. « Et ne m’attribuez pas autant de mérite, Comte. Je ne le mérite pas… »

Non seulement Decebal ne se considérait pas comme une soit disant étoile montante mais surtout, il n’avait jamais rencontré le roi… Il ne savait même pas d’ailleurs qui était le roi de la France actuelle. S’il était un troubadour, c’était non seulement pour essayer de gagner sa vie mais aussi car ça plaisait beaucoup aux femmes... Surtout les riches…

Il fit un pas vers les deux hommes, mettant une main sur son torse en regardant le Duc, gardant son sourire des plus crispés.

« Je ne chante principalement que pour le plaisir… Ou pour ceux qui ont de quoi me payer. »

Il prononça le dernier mot d’un air plus appuyé en se tournant vers le Comte de Neroven, regardant son physique qui semblait être celui d’un fantôme avant de se tourner de nouveau vers le maitre des lieux.

« Dîtes-moi Duc, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis sur mes services ? »

L’homme sembla avoir du mal à répondre, jetant un regard vers l’invité avant de toussoter et se racler la gorge. Gagnant par l’occasion quelques secondes de plus pour trouver une réponse.

« Et bien, je vous ai jugé trop vite et je penses que vous pourrez être une bonne distraction pendant notre repas. »

« Je vois… »
Dit Decebal en faisant mine d’être satisfait avant de dire avec un air des plus amusés. « Je vais vous interpréter les chansons que je chante donc au Roi lui-même ! »

Le Duc sembla des plus enthousiastes et se tourna vers son invité d’honneur.

« Bien, venez dans la salle à manger cher Comte. Je suis sûr que vous avez beaucoup de choses à me raconter ! Et le repas va refroidir ! »

Les deux hommes marchèrent devant Decebal qui observa l’endroit plus attentivement, fixant les tableaux et le mobilier, tout dans cette maison illustrait le mode de vie du Duc et rappelait la demeure ou il avait vécu avec ses parents quand il était tout jeune.

Le vampire regarda les deux hommes s’installer à table tandis qu’il s’asseyait sur un tabouret. Se rendant par la même occasion compte qu’il ne savait absolument pas quoi chanter... Qu’est-ce qu’un Roi aimerait ? Des chansons de batailles ? D’amour interdit ?
L’homme tendit sa mandole devant lui, s’apprêtant à pincer les cordes quand une idée lui vint en tête.

« Messieurs ! Je vais vous interpréter la chanson préférée du Roi ! »

Les doigts fins et agiles de Decebal pincèrent les cordes doucement, ce n’était pas une mélodie mais juste trois notes qui se répétaient inlassablement.

« Alors que je me promenais sur la berge,
Je vis, nue dans l’eau,
Une jeune et magnifique vierge.

Sa beauté était un sacrilège,
Ses cheveux blonds glissaient dans son dos.

En m’approchant, je lui fis peur.
Elle cacha sa poitrine avec pudeur.

Tout va bien, Belle donzelle,
Dis-je en m’approchant d’elle.
Puis-je savoir, comment on vous appelle ?
Pour l’utiliser dans ma pastourelle !

Alors qu’elle s’approchait de la berge,
Elle m’indiqua une auberge.

Sa beauté était un sacrilège,
Mes mains glissaient dans son dos… »


Alors que Decebal allait entamer la suite de l’histoire, il regarda le visage du Duc qui avait blêmit non pas de peur mais de honte. Derrière les portes de la salle à manger, les visages des servantes et servants qui avaient écoutés la chanson très peu pieuse semblaient déçus de ne pas avoir la s6666ccLe regard dorés du vampire croisa celui de la jeune servante qui avait passé la nuit et celle-ci disparut d’un seul coup de son champs de vision.

« Vous chantez cela au Roi ? »

La question semblait remplis de doute et Decebal se mit à sourire et haussa les épaules d’un6666ccétaché.

« Evidemment, il me les réclame sans arrêt. J’ai même peur de voir ma tête rouler sur le sol si je ne lui chante pas cinq chansons comme celle-ci par soirée. »

« Et bien.. » Le Duc se racla la gorge avant de prendre une gorgée de vin, l’air visiblement gênée d’avoir apprit les préférences (certes fausses) du Roi en matière de Poésie. « Je ne savais pas que notre Souveraineté avait des goûts si particulier… »

« Voulez-vous la suite ? » Demanda le vampire tout en fixant avec un sourire démesuré le Comte de Neroven.

Ce fut cependant le Duc qui répondit négativement, clamant une excuse pitoyable pour essayer de changer de sujet.

« Alors je vais juste jouer de la mélodie pour suivre votre repas. » Dit le barde d’un air faussement déçu.

« Bien, parfait ! » Clâma le Duc Victor en essuyant son front ruisselant de sueur.

Même s’il faisait semblant d’être captivé par son instrument et ses doigts se mouvant sur les cordes. Decebal écoutait attentivement la conversation entre les deux hommes, se demandant s’il pourrait en profiter pour apprendre plusieurs choses intéressantes.

Comme par exemple ou se trouvait actuellement la Famille et son Chef Adrien…
Ou bien s’il y avait une auberge dans les environs, avec des femmes séduisantes…

« Comte, où vous mène donc votre voyage cette fois-ci ? »
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Rána Daevon E'Lira
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MessageSujet: Re: A la santé du Roi ou comment Nat essaye de trouver un style d'écriture pour Balou (ce titre est vraiment long)   Mar 2 Aoû - 21:04

Calliste nota le sourire crispé du barde, revenu parmi eux. Peut-être était-il vexé de s’être fait expulsé et qu’on le rappelle si subitement, sans lui demander son avis.

« Je ne chante principalement que pour le plaisir… Ou pour ceux qui ont de quoi me payer. »

Et quelque chose disait à Calliste qu’il ne fallait pas beaucoup insister…

« Dîtes-moi Duc, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis sur mes services ? »

Calliste coula un regard discret vers le Duc. Il écouta leur bref échange, un petit sourire amusé aux lèvres. Il avait toujours aimé semer la pagaille chez autrui, surtout lorsque la demeure en question était aussi ordonnée que celle de Victor.

« Bien, venez dans la salle à manger cher Comte. Je suis sûr que vous avez beaucoup de choses à me raconter ! Et le repas va refroidir ! »

« Ce serait dommage… », glissa stoïquement ledit Comte qui avait beaucoup de choses à raconter.

« Messieurs ! Je vais vous interpréter la chanson préférée du Roi ! »

Le Duc semblait fort enthousiaste, tandis que le Comte affichait une expression éternellement désinvolte. Il était davantage concentré sur ce qu’il se trouvait dans son assiette, jaugeant chaque aliment du regard. Cela l’ennuyait de l’admettre, mais le repas du Duc était beaucoup plus copieux et riche que ce que l’on servait dans sa propre demeure. Enfin… il faut dire que l’on ne servait plus grand-chose depuis qu’il était devenu un vampire…

Heureusement, Calliste se rassura en se disant que sa cheminée était plus grande.

  Lorsque le barde Decabel se mit à chanter, Calliste releva automatiquement les yeux. Voilà une chanson qu’il ne s’attendait pas à entendre ici. Pour preuve, il avait suspendu son geste de porter à son verre à ses lèvres. Le Duc, quant à lui, avait manqué de s’étouffer, puis il s’était évertué à reprendre contenance, tandis que Calliste ne faisait aucun effort visible pour abandonner son air bovin.

  Au fil de la chanson, le Duc blêmit, sous l’œil de plus en plus amusé du Comte aux cheveux blonds, qui avait reposé son verre et écoutait désormais avec un intérêt déplacé les notes de musique. Et surtout les paroles.  

Quoique, il trouvait dommage que ce Daceleb n’ait pas exploré plus en détail sa poésie, car il avait bien trouvé quelques rimes en « -erge » qui aurait pu convenir à la chanson. Néanmoins, le Comte eut la décence de garder ses « prouesses littéraires » pour lui.

« Vous chantez cela au Roi ? »

Calliste se rappela soudainement qu’il avait inventé toute cette histoire et que jamais il n’avait vu cet individu à la Cour du Roi. Pour preuve, il n’arrivait jamais à se souvenir de son prénom. Heureusement, le barde joua de nouveau le jeu, profitant de cette notoriété inventée.

« Evidemment, il me les réclame sans arrêt. J’ai même peur de voir ma tête rouler sur le sol si je ne lui chante pas cinq chansons comme celle-ci par soirée. »

« Et bien.. Je ne savais pas que notre Souveraineté avait des goûts si particuliers… »

« Moi non plus, il remonte dans mon estime », lança Calliste, l’air de rien, le sourire jusqu’aux oreilles.

« Voulez-vous la suite ? »

Calliste s’apprêtait à acquiescer avec un empressement qui n’avait rien de feint, lorsque le Duc refusa, prétextant qu’il ne voulait pas trop empiéter sur les goûts de « sa Souveraineté ». Le Comte le regardait dire cela, son visage se décomposant au fur et à mesure, puis il lui asséna un regard noir assassin.

« Alors je vais juste jouer de la mélodie pour suivre votre repas. »

Calliste piqua distraitement les aliments du bout de sa fourchette, faisant mine de bouder.

« Comte, où vous mène donc votre voyage cette fois-ci ? »

Se rappelant de sa quête, le Comte cessa son caprice d’enfant gâté pour reprendre un air plus impassible et surtout plus convenable à sa condition.

« Il semblerait que la personne que je recherche soit passée par ici, répondit-il d’un ton nettement plus grave. Je pense mener une petite enquête dans les environs, avant de reprendre la route vers le nord. »

Le Duc hocha la tête, pendant qu’on lui servait une deuxième ration de porc aux petits légumes.

« Je vois. Je pense que vous devriez vous rendre à Paris. Le Roi pourrait être d’un grand soutien dans vos recherches. Mais prenez garde à ses conseillers. Certains sont de vrais vampires qui se repaissent du malheur des autres ! »

Calliste eut un léger tic au mot vampire. Il se racla doucement la gorge, avant de boire une gorgée.

Il n’avait jamais pensé à aller jusqu’à demander l’aide du Roi en personne et il se demanda soudain jusqu’où le pousserait son obsession. Il pourrait tout aussi bien laisser tomber et admettre que Rose était bien plus heureuse là où elle se trouvait. Mais il ne servait à rien de reculer, désormais. Il était allé trop loin. Il était devenu un vampire, armé d’une force nouvelle. Et il craignait par-dessus tout l’abandon.

« Je vais suivre vos conseils ! », lança t-il sur un ton plus léger, un sourire de façade illuminant son visage. « Je veux d’abord voir auprès de l’aubergiste du coin s’il n’a pas quelques nouvelles à m’apporter ».

« A l’auberge ? Vous n’y pensez pas, cher ami ! Il n’y a que la canaille qui fréquente l’auberge ! »

Calliste coula un regard en direction du barde, puis ses yeux gris se posèrent à nouveau sur le Duc, tandis que la servante revenait pour leur servir un peu plus de vin. Calliste tendit sa coupe, arborant un sourire charmeur et un brin désinvolte.

« Quel visage magnifique, lança t-il à l’adresse du Duc. On dirait un tableau ».

Le Duc se rembrunit aussitôt, visiblement agacé de voir le Comte s’intéresser de près à la jeune fille. Il ne connaissait que trop bien la réputation de l’homme qu’il recevait chez lui et il n’avait guère envie de voir éclater un scandale dans sa demeure.

Le repas se termina ainsi sans incident. Le Duc donna une bourse à la servante pour qu’elle la remette au barde et Calliste nota qu’il aurait été bien plus simple de lui remettre en main propre, étant donné qu’il se trouvait toujours dans la même pièce.

Le Comte choisit ce moment pour prendre congé. Comme il l’avait dit un peu plus tôt, il devait se rendre à l’auberge. Au passage, il s’arrêta pour saluer le barde.

« Merci pour votre intermède musical, Messire D’Ecebel. Au plaisir de vous entendre de nouveau. »

Il se pencha vers lui pour lui glisser discrètement avec un sourire malicieux :

« Le Roi a fort bon goût en matière de chanson. »

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